Hamarikyu Garden
L’Âne d’or, ou les Métamorphoses (Apulée)

I.13. (…) puis, inclinant la tête de Socrate vers le côté droit, elle lui enfonça son épée dans le cou, à gauche, jusqu’à la garde ; le jet de sang fut recueilli par elle dans une petite outre qu’elle approcha de la blessure, et elle prit bien garde de ne pas en laisser nulle part la moindre trace. Voilà ce que je vis, de mes yeux. Et de plus, sans doute pour ne pas faillir au rite des sacrifices, la douce Méroé introduisit la main droite dans cette blessure jusqu’aux entrailles, et, après avoir fouillé, elle retira le cœur de mon pauvre camarade, tandis que, de la gorge de celui-ci, sectionnée par le fer, sortait un cri, ou plutôt un sifflement vague et que s’exhalait son âme. Panthia bourra cette blessure, dans sa plus grande largeur, à l’aide d’une éponge, disant : « Toi, éponge, qui est née de la mer, garde-toi bien de traverser un fleuve. » Cela fait elles s’en vont, mais, d’abord, soulèvent mon grabat, s’accroupissent au-dessus de ma figure et, jambes écartées, soulagent leur vessie, m’inondant d’un liquide infect.



